Le catholique en politique est un homme libre.
Libre parce qu'il relativise les affaires humaines. "Mon Royaume n'est pas de ce monde" dit Jésus (Jn 18. 36). En conséquence : "Il faut rendre à César ce qui est à César" (Mt 22. 21). L'Evangile nous informe que la politique relève de la compétence humaine, non de Dieu. "Qui donc m’a établi pour être votre juge ou l’arbitre de vos partages ?" (Lc 12. 14).
Dieu a créé l'homme libre et doté d'une nature raisonnable. Il est capable par ses facultés naturelles de discerner ce qui est bon pour l'homme et pour la communauté. Il est capable de prendre soin du Jardin que Dieu lui donne à cultiver. Il n'a pas besoin qu'on le prenne par la main pour cela. Dieu est Père. Il n'est pas paternaliste. Il ne travaille pas à notre place.
Dieu nous enseigne ainsi la liberté. Il laisse l'homme à son propre conseil pour la gestion de ses propres affaires - non qu'il s'efface comme la mer se retire pour faire apparaître la terre ferme, mais Il suscite lui-même cette liberté humaine, il la pose dans l'être, donnant aux hommes les moyens de se gouverner eux-mêmes.
La nature fournit à l'homme tout ce qu'il faut pour ne pas avoir à solliciter l'aide surnaturelle de Dieu - comme dans le domaine de l'activité philosophique. Mais Dieu reste disponible aux sollicitations des hommes, à cause de sa grande miséricorde, jusque dans la conduite des affaires temporelles.
Dieu écoute les prières :
>> la prière de l'homme public en proie au doute face aux responsabilités du gouvernement des hommes - "Donne à ton serviteur un cœur attentif pour qu’il sache gouverner ton peuple et discerner le bien et le mal ; sans cela, comment gouverner ton peuple, qui est si important ?" (1 R 3. 9) ;
>> la prière de la communauté de l'Eglise intercédant pour les dirigeants politiques : "J'insiste avant tout pour qu'on fasse des prières de demande, d'intercession et d'action de grâce pour tous les hommes, pour les chefs d'Etat et tous ceux qui ont des responsabilités afin que nous puissions mener notre vie dans le calme et la sécurité." (1 Tm 2, 1-2).
Mais quand Dieu agit à la demande des hommes, il ne procède pas par voie de miracles - sauf exceptions - ni de contrainte, mais en éclairant d'une lumière infuse l'intelligence de l'homme, en fortifiant sa volonté, en libérant sa liberté. Bref, en l'aidant à advenir davantage ce qu'il est.
La catholique est aussi un homme libre par rapport aux soucis du monde parce que sa boussole est celle de l'Evangile et de la doctrine inspirée de l'Eglise - il reste donc indépendant vis-à-vis des constructions de pensée élaborées par les hommes. Il ne sacrifie pas aux idoles et garde constamment son esprit critique en éveil. Par nature, le catholique est appelé à s'engager - à donner de son temps, de ses talents, de sa vie. Mais pas au point de dissoudre sa personnalité ni son originalité chrétienne. "Le catholique n'est pas un militant embrigadé" affirmait récemment Mgr Rey.
Le catholique en politique ne cesse d'être un catholique en mission d'évangélisation. Sa vocation fondamentale est de rendre témoignage au Christ en quelque manière. Le baptisé confirmé est toujours en service commandé, même dans ses activités les plus profanes. Car il n'est pas situation qui ne soit l'occasion d'aimer et de rendre témoignage à la vérité (Jn 18. 37).
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