mardi 2 mai 2017

Etre catholique n'est pas être politiquement neutre


Chers amis,

A quelques jours d'une élection aussi cruciale pour l'avenir de notre pays que le second tour de l'élection présidentielle, je voudrais vous partager cette vidéo de Mgr Dominique Rey, évêque de Fréjus-Toulon.

En quelques mots lumineux, tout est dit me semble-t-il de ce que l'Eglise catholique peut exprimer à ce sujet.

Tout d'abord, l'on apprend qu'il est légitime de ne pas aller voter lorsque l'on juge en conscience les deux candidats profondément mauvais - le fameux choix entre la "peste" et le "choléra".

C'est important, car participer activement au suffrage est un devoir moral du citoyen. Pour Mgr Rey, cependant, si le choix s'avère moralement impossible pour un catholique, "on peut s'abstenir de voter".

Deuxièmement, les catholiques doivent s'engager "en conscience" dans la vie politique. Ce qui signifie 2 choses :

1°) qu'"être catholique n'est pas être politiquement neutre" : il faut donc prendre position ; ne pas rester à la lisière des grands débats publics - le catholique doit se former, s'informer, réfléchir et puis, librement, décider, prendre parti.

2°) "le catholique n'est pas un militant embrigadé" : exerçant la vertu de prudence, il doit garder un regard critique sur la formation ou le courant de pensée qu'il s'est choisi - conserver une juste distanciation par rapport au parti ou au candidat qu'il soutient. Nous ne sommes jamais dispensés de passer les idées qui nous sont proposées au crible de l'Evangile et de la doctrine sociale de l'Eglise.

Chacun devant agir librement selon les inspirations de sa conscience - et non selon les directives de l'Eglise -, il résulte que "tous les catholiques ne votent pas de la même façon". Si l'Eglise est appelée à former la conscience de ses fidèles par son enseignement de la loi naturelle et de la loi révélée, elle n'a pas à commander aux chrétiens ce qu'ils doivent faire sur le plan politique. Car aucune doctrine humaine n'est parfaite. Toutes comportent des avantages et des inconvénients - des qualités et des défauts.

Dès lors : "personne n'a le droit de revendiquer d'une manière exclusive pour son opinion l'autorité de l'Eglise".

A l'aune de ce principe, il est vain de chercher à disqualifier son adversaire en le déclarant ennemi de l'Evangile. La réalité est beaucoup plus complexe que cela, et appelle à la modération dans le jugement - à la prudence dans l'expression de sa pensée et dans la considération de quiconque ne pense pas comme nous.

Pour autant, cela ne signifie pas que l'Eglise soit relativiste en politique. Il existe des critères de discernement que sa sagesse nous livre pour éclairer nos intelligences à l'heure du choix.

Mgr Rey rappelle l'existence de la note doctrinale de la Congrégation pour la doctrine de la Foi publiée en 2002, qui donne une liste de quelques points non négociables sur lesquels aucun catholique ne peut transiger. Etant entendu que : "Si un candidat contredit gravement l'un de ces points, il faut le disqualifier".

Quels sont ces points non-négociables?

Tout d'abord, "le caractère intangible de la vie humaine" : qui implique concrètement "le refus de l'euthanasie et de l'aggravation de l'avortement".

Ensuite, "la promotion de la famille fondée sur le mariage entre personne de sexes différents" : qui justifie le rejet de la PMA et de la GPA.

Puis, "la liberté de l'éducation et le rôle des parents dans cette tâche éducative".

Mgr Rey évoque d'autres sujets, comme :
- le refus des formes modernes d'esclavage (ex. drogue, prostitution...),
- la liberté religieuse (le rejet du laïcisme sectaire et de la dictature du relativisme),
- l'économie au service de l'homme (contre une économie financiarisée déconnectée du réel qui licencie et délocalise massivement),
- la paix (dans les relations extérieures).

L'évêque de Fréjus-Toulon signale enfin :
- la construction européenne,
- la défense des racines chrétiennes de notre culture,
- l'ouverture aux migrants.

Un fidèle catholique doit apprécier la valeur d'un programme politique à l'aune de ces différents points, en prenant bien soin de ne pas se fixer sur l'un d'entre eux seulement. "Que ce soit positif ou négatif, ce n'est pas assez - une simple mesure - pour adhérer ou rejeter dans l'ensemble un projet qui nous est proposé".

Forts des quelques éléments de discernement présentés dans cette petite vidéo de 3 minutes, nous voici outillés pour décider "en conscience" dimanche prochain de ce qu'il convient de faire.

Quelque soit notre choix, unissons tous ensemble notre prière pour la France.

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