Ce qu'il y a de plus fondamental en moi, c'est mon identité catholique. Elle prime sur toutes les autres composantes de ma personne - puisqu'à la racine de mon être, il y a Dieu, mon Créateur, duquel je reçois par le Christ et dans l'Esprit mon corps, mon âme, mon esprit ; mes dons, mes talents, mes charismes ; ma vocation, ma liberté et toute ma vie (ma famille, mes amis, mon métier ; mes inclinations intellectuelles et spirituelles ; toute mon histoire).
"Ne vous y trompez pas, mes frères bien-aimés, les présents les meilleurs, les dons parfaits, proviennent tous d’en haut, ils descendent d’auprès du Père des lumières, lui qui n’est pas, comme les astres, sujet au mouvement périodique ni aux éclipses." (Jacques 1. 16-17)
C'est à partir de cette Source fondamentale que je me situe dans la vie et particulièrement dans la Cité. Toutes mes pensées les plus profondes (métaphysiques, philosophiques, politiques - et bien entendu théologiques) sont le fruit de mon intimité avec le Christ et font écho au murmure de ma conscience façonnée au fil des ans par l'Evangile.
De là me vient l'idée qu'il n'y a d'absolu qu'en Dieu seul et que toutes les réalités créées sont contingentes. Toutes doivent être relativisées.
Je n'idolâtre par conséquent aucune réalité terrestre, naturelle, humaine : ni aucun régime politique, ni aucune appartenance naturelle, ni aucun parti politique, ni aucun homme, pas même les membres de ma propre famille. "Celui qui aime son père ou sa mère plus que moi n'est pas digne de moi, et celui qui aime son fils ou sa fille plus que moi n'est pas digne de moi." (Mt 10. 37)
Aucun être d'aucune sorte - sinon Dieu - ne possède en soi la plénitude et ne peut rassasier complètement le coeur de l'homme - notre aspiration à la vie, à la joie, au bonheur. Il ne faut donc pas attendre des créatures ce qu'elle ne peuvent donner. Mais nous devons apprendre à les aimer, non seulement en raison de la satisfaction qu'elles nous procurent - et que nous recherchons en elles pour l'épanouissement de notre être -, mais parce qu'elles nous viennent de Dieu et nous sont un don de Dieu. Nous devons les recevoir comme un cadeau du Ciel, avec reconnaissance ; en prendre soin ; désirer leur bien ; et y contribuer autant que possible, pour apporter notre petite pierre à l'édification d'un monde plus juste, plus paisible, plus fraternel.
Puisqu'aucune réalité humaine n'est adorable : sur le plan politique, je n'idolâtre ni la République ni la France ; ni le parti au sein duquel je me suis engagé, ni ses responsables ; ni aucun penseur, ni aucune de mes réflexions personnelles. Car il n'y a de Solide, de Consistant, de Vérité - au sens absolu - qu'en Dieu seul. Tout le reste est frappé de précarité, d'incomplétude, d'imperfection et même de péché. Il y a du bon grain et de l'ivraie en toute réalité humaine - et c'est inextricablement mélangé.
Il est donc vain de chercher à établir le Paradis sur la terre. La vraie patrie, elle est au Ciel. En l'état actuel de la condition humaine, le bonheur parfait est inaccessible. C'est dans le contact spirituel avec Dieu qu'on peut y approcher et en saisir la promesse. Mais aussi longtemps que durera ce monde, il y aura le mystère du mal : des injustices, de la misère, de la pauvreté, des conflits, des guerres. Toutes les tentatives idéologiques de mettre un terme à la dimension tragique de l'existence, de faire table rase du passé pour bâtir un "monde nouveau" et façonner un "homme nouveau", se sont soldées par un échec sanglant : celui des grands totalitarismes du siècle passé qui se sont abîmés dans le chaos d'une barbarie inhumaine.
Il est important, me semble-t-il, d'avoir cela en perspective lorsque l'on veut réfléchir à l'organisation de la Cité et penser Politique.
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